Un groupe commercial européen représentant 24 fournisseurs d'infrastructures cloud en Europe a déposé une nouvelle plainte auprès de la Commission européenne au sujet des licences de logiciels dans le cloud accordées par Microsoft. La plainte, déposée par le groupe "Cloud Infrastructure Service Providers in Europe" (CISPE) à la direction générale de la concurrence de la Commission européenne, fait suite à une plainte distincte déposée par deux de ses membres, OVHcloud et l'entreprise d'hébergement italienne Aruba, alléguant également que le comportement de la firme de Redmond est anticoncurrentiel.Cet automne, Microsoft a annoncé avoir répondu aux plaintes relatives aux infrastructures de cloud computing déposées par quelques petits fournisseurs de services de cloud computing en Europe. Dans un billet de blogue en septembre, l'entreprise a annoncé qu'elle allait s'associer à des fournisseurs de services cloud de petite et moyenne taille afin d'offrir aux clients de Microsoft davantage d'options en matière d'infrastructure cloud non Microsoft. Il faut noter que ces changements de licence de Microsoft excluent ses plus grands concurrents, Google et Amazon, de la participation en tant que partenaires.
Cela a, sans surprise, suscité de vives critiques de la part d'un groupe commercial dont les membres comprennent à la fois les petits fournisseurs de cloud et Amazon. Le groupe européen CISPE a déclaré que la réponse de Microsoft ne montrait "aucun progrès dans la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles de Microsoft". Cette semaine, il a déposé une plainte, demandant à la Commission européenne d'ouvrir une enquête formelle sur la manière dont Microsoft est censé "porter un préjudice irréparable à l'écosystème européen du cloud et priver les clients européens du choix de leurs déploiements de cloud".
Les changements apportés par Microsoft comprennent la virtualisation flexible, qui permet aux clients disposant d'une assurance logiciel (SA) ou de licence d'abonnement d'utiliser des logiciels sous licence pour construire et/ou installer des systèmes et les exécuter sur l'infrastructure de n'importe quel fournisseur de clouds. Microsoft a ajouté une option qui permet à Windows Server d'être licencié sur des cœurs virtuels sans lier les utilisateurs aux cœurs physiques présents sur un serveur. La société a en outre supprimé la licence complémentaire Virtual Desktop Application pour les offres groupées F3, E3 et E5 de Microsoft 365.
Et les clients ont eu le choix entre des abonnements d'un an et de trois ans pour des produits tels que Windows Server, Remote Desktop Services et SQL Server via le Cloud Solution Provider Program. Toutefois, les critiques estiment que d'autres changements sont nécessaires pour uniformiser les règles du jeu et garantir un marché dynamique pour les entreprises technologiques et les clients. Selon le CISPE, le groupe n'a eu d'autre choix que de déposer la plainte parce que Microsoft n'aurait "pas fourni les détails, la clarté ou l'assurance qu'il a vraiment l'intention de mettre rapidement fin à ses pratiques de licence anticoncurrentielles".
« Les récentes annonces, blogues et documents FAQ publiés par Microsoft dans le but d'éviter les enquêtes de marché n'ont pas fourni les détails, la clarté ou l'assurance qu'il a réellement l'intention de mettre rapidement fin à ses pratiques de licence anticoncurrentielles. Au contraire, les nouvelles conditions contractuelles imposées unilatéralement par Microsoft le 1er octobre 2022 ajoutent de nouvelles pratiques déloyales à la liste. La position et les comportements actuels de Microsoft portent irrémédiablement atteinte à l'écosystème européen du cloud et privent les clients européens de choix dans leurs déploiements de cloud », allègue le CISPE.
Selon le CISPE, la firme de Redmond utilise "des offres groupées injustifiées et discriminatoires, des ventes liées, des prix autoréférencés et des verrouillages techniques et économiques" pour "restreindre le choix". Le groupe affirme que les pratiques déloyales alléguées sont en violation de l'article 102 du TFUE et...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.

